Management de l'équipe
Le rôle du chef d'équipe, l'organisation du service de sécurité incendie, le management au quotidien, la formation de l'équipe et la responsabilité qui va avec — le thème le plus présent à l'examen SSIAP 2.
1 Le rôle du chef d'équipe
Un agent SSIAP 1 qui encadre
Le chef d'équipe de sécurité incendie (SSIAP 2) reste un agent de sécurité incendie : il continue d'assurer toutes les missions d'un SSIAP 1 (rondes, PC sécurité, alerte, évacuation, assistance à personnes). Sa qualification lui ajoute une responsabilité d'encadrement d'une équipe d'agents SSIAP 1.
Il exerce sous l'autorité du chef de service de sécurité incendie (SSIAP 3) quand l'établissement en emploie un. Dans les structures qui n'ont pas de SSIAP 3, c'est souvent le chef d'équipe qui assure directement l'interface avec l'exploitant ou le chef d'établissement.
Ses missions propres, en plus de celles de l'agent
- Encadrement et organisation de l'équipe — répartition des postes et des rondes, respect des procédures et des consignes en vigueur.
- Gestion des incidents techniques de premier niveau — déclenchement d'alarme, anomalie sur le système de sécurité incendie (SSI) : diagnostic initial, décision de faire évacuer ou non, appel de la société de maintenance si besoin.
- Rédaction et transmission — tenue de la main courante, comptes rendus d'intervention, remontée d'information vers la direction de l'établissement et vers les services de secours à leur arrivée.
- Formation continue de son équipe — rappels réglementaires, mises en situation, manipulation des moyens de secours.
2 Organisation du service de sécurité incendie
Des effectifs fixés établissement par établissement
Le nombre d'agents du service de sécurité incendie (et donc la présence ou non d'un chef d'équipe, voire d'un chef de service) n'est pas laissé au libre choix de l'exploitant : il est fixé par la commission de sécurité compétente, en fonction du type et de la catégorie de l'établissement (réglementation ERP) ou du classement de l'immeuble (réglementation IGH). Cet effectif minimum figure dans l'arrêté d'ouverture ou le dossier de sécurité de l'établissement.
Dans les structures de taille moyenne, il n'y a pas toujours de chef de service SSIAP 3 : le chef d'équipe peut alors se retrouver le gradé le plus élevé présent sur site, notamment en horaires décalés (nuit, week-end).
Le poste de sécurité (PC sécurité)
Le chef d'équipe a un rôle particulier dans la tenue du poste central de sécurité : organisation matérielle (accès, clés, badges), bon fonctionnement des moyens de communication et de report d'alarme, mise à jour des documents qui y sont conservés (registre de sécurité, consignes, plans).
| Document | À quoi il sert |
|---|---|
| Registre de sécurité | Trace les vérifications, contrôles et travaux liés à la sécurité incendie de l'établissement — obligatoire, consultable par la commission de sécurité. |
| Consignes de sécurité | Décrivent la conduite à tenir par le personnel en cas d'incendie ou d'évacuation — le chef d'équipe s'assure qu'elles sont connues et à jour. |
| Main courante | Journal chronologique de tout ce qui se passe sur le poste (rondes, incidents, appels, visiteurs) — a une valeur de preuve en cas de sinistre ou de contrôle. |
3 Le management au quotidien
Organiser le travail de l'équipe
Le chef d'équipe construit les plannings de rondes et de présence en tenant compte des contraintes réglementaires : présence permanente du service pendant les heures d'ouverture au public, effectif minimum en poste à tout moment, roulements qui garantissent le repos des agents.
Chaque prise de poste passe par un briefing : consignes du moment, anomalies en cours, événements particuliers de la journée (travaux, visite de la commission de sécurité, manifestation exceptionnelle). La main courante est le fil rouge de cette transmission — elle doit être tenue rigoureusement, y compris pour des événements qui semblent mineurs sur le coup.
Gérer les personnes
- Intégration d'un nouvel agent : présentation des lieux, des consignes spécifiques au site, des procédures internes.
- Motivation et cohésion d'une équipe qui travaille souvent en horaires décalés, avec peu d'interaction directe entre agents de postes différents.
- Gestion des tensions — entre agents, ou avec d'autres services de l'établissement (accueil, technique, direction) qui ne perçoivent pas toujours les contraintes de sécurité de la même façon.
Faire l'interface avec la direction
Le chef d'équipe est le premier niveau de remontée vers l'exploitant ou la direction de l'établissement : anomalies constatées (matériel défectueux, extincteur manquant, issue de secours encombrée), besoins de l'équipe, difficultés d'organisation. C'est une position d'interface, pas seulement d'exécution.
4 Formation et suivi de l'équipe
Vérifier que l'équipe est à jour
Le chef d'équipe s'assure que chaque agent placé sous sa responsabilité est bien titulaire des qualifications requises et à jour : diplôme SSIAP 1 (ou supérieur), recyclage périodique (formation de maintien et d'actualisation des compétences), attestation de secourisme valide. Une équipe dont les qualifications ne sont pas à jour expose l'établissement en cas de contrôle ou d'incident.
Entraîner l'équipe
Au-delà de la formation initiale, le chef d'équipe organise des exercices réguliers : essais d'évacuation, manipulation des extincteurs et des robinets d'incendie armés (RIA), mises en situation sur des scénarios d'alarme ou d'incident technique. L'objectif est que les automatismes soient là le jour où un vrai départ de feu se produit — pas seulement que la théorie soit connue.
5 La responsabilité du chef d'équipe
Une responsabilité qui va avec l'encadrement
Comme tout salarié qui encadre d'autres salariés, le chef d'équipe peut voir sa responsabilité engagée — civile et/ou pénale — si un manquement de sa part a contribué à un dommage : consigne non transmise, anomalie connue et non signalée, défaut de formation de l'équipe sur un point qui s'avère décisif lors d'un incident.
Cette responsabilité s'ajoute à celle de l'exploitant ou du chef d'établissement, qui reste le premier responsable de la sécurité de son établissement — le chef d'équipe agit dans le cadre des missions et des moyens qui lui sont confiés, il n'en porte pas la charge à sa place.
Le devoir d'alerte
Constater une anomalie ne suffit pas : le chef d'équipe doit la faire remonter formellement — main courante, information écrite ou orale à la direction — plutôt que de se contenter de la traiter oralement sur le moment. C'est cette traçabilité qui protège à la fois l'établissement et l'agent lui-même en cas de contrôle ou de sinistre ultérieur.