📘 Cours SSIAP 2 — Partie 2

Système de sécurité incendie (SSI)

Catégories de SSI, matrice de compatibilité, dispositifs actionnés de sécurité et types d'équipement d'alarme — ce que le SSIAP 1 n'a pas besoin de détailler, mais que le chef d'équipe doit savoir exploiter.

Comme pour la partie 1, ce chapitre est rédigé à partir du programme officiel, sans document de cours source — le fond (normes SSI, fonctionnement des équipements) est un socle technique bien documenté et stable, donc plus fiable que des chiffres administratifs. Vérifie quand même les points marqués comme incertains.

1 SDI et SMSI : les deux moitiés du SSI

Le cours SSIAP 1 présente le système de sécurité incendie (SSI) comme un ensemble qui détecte et met en sécurité. Le chef d'équipe doit comprendre ce qui se cache derrière : un SSI complet se compose toujours de deux sous-systèmes qui communiquent entre eux.

Sous-systèmeRôle
SDI — Système de Détection IncendieDétecte un départ de feu (détecteurs automatiques, déclencheurs manuels) et le signale.
SMSI — Système de Mise en Sécurité IncendieDéclenche les actions de mise en sécurité une fois l'alerte reçue : désenfumage, compartimentage, arrêt technique, alarme générale.

Un SSI n'a pas forcément les deux : un établissement peut n'avoir qu'un système d'alarme simple (sans SDI automatique), avec des déclencheurs manuels seulement — voir les types d'équipement d'alarme plus bas.

2 Les catégories de SSI, de A à E

Les SSI sont classés en 5 catégories, de la plus complète (A) à la plus simple (E). Le classement dépend du type et de la catégorie de l'établissement, fixé par la réglementation applicable.

CatégorieNiveau d'exigence
ALa plus complète : détection généralisée, désenfumage et compartimentage automatisés, matrice de compatibilité SDI/SMSI obligatoire. Concerne notamment les IGH et les ERP recevant un public nombreux ou vulnérable (ex. établissements de santé).
BTrès proche de la catégorie A, avec quelques exigences allégées selon le type d'établissement.
C, DNiveaux intermédiaires : mise en sécurité partielle, souvent limitée à certaines zones ou fonctions (désenfumage d'un atrium, par exemple), sans la complexité d'une catégorie A.
ELa plus simple : quelques actions ponctuelles (un ou deux dispositifs actionnés de sécurité), pas de matrice de compatibilité complexe.
La matrice de compatibilité est le document qui indique précisément, zone par zone, quelle information de détection déclenche quelle action de mise en sécurité (quel détecteur ouvre quel exutoire de désenfumage, ferme quel clapet coupe-feu...). Elle est affichée ou disponible au poste de sécurité — le chef d'équipe doit savoir la lire pour comprendre une anomalie ou une alarme localisée.

3 CMSI, UGA et DAS

Le CMSI, cerveau du SMSI

Le CMSI (Centralisateur de Mise en Sécurité Incendie) reçoit les informations du SDI (ou des déclencheurs manuels) et pilote les actions de mise en sécurité. Il se trouve au poste de sécurité, ou à proximité immédiate.

L'UGA, pour l'alarme générale

L'UGA (Unité de Gestion d'Alarme) est la partie du CMSI qui gère spécifiquement le déclenchement de l'alarme générale — celle qui prescrit l'évacuation. Elle peut intégrer une temporisation : un délai (encadré par la réglementation, quelques minutes maximum) avant que le signal ne se déclenche automatiquement, pour laisser à l'équipe de sécurité le temps de lever le doute sur une alarme.

Les DAS, qui agissent physiquement

Les DAS (Dispositifs Actionnés de Sécurité) sont les équipements qui exécutent concrètement l'action de mise en sécurité une fois l'ordre reçu :

  • Clapets coupe-feu (ferment un conduit de ventilation pour empêcher la propagation des fumées).
  • Exutoires et ouvrants de désenfumage (évacuent les fumées).
  • Portes coupe-feu à fermeture automatique (compartimentage).
  • Volets de désenfumage, clapets de recyclage sur les centrales de traitement d'air.

Un DAS peut être commandé automatiquement par le CMSI ou déclenché manuellement depuis un boîtier de commande (DCM ou DCMR) — le chef d'équipe doit savoir localiser et actionner ces commandes manuelles en cas de panne du pilotage automatique.

4 Les types d'équipement d'alarme

Indépendamment de la catégorie de SSI, la réglementation classe les équipements d'alarme sonore en 4 types, du plus complet au plus simple.

TypePrincipe
1Le plus complet : associé à un SDI, géré par un CMSI, avec matrice de compatibilité si le SSI est de catégorie A ou B.
2aDétection automatique généralisée, sans la complexité de pilotage d'un type 1.
2bDéclenchement uniquement par déclencheurs manuels (pas de détection automatique).
3Simple avertisseur sonore, non temporisé — le signal retentit dès l'appui sur un déclencheur.
4Tout dispositif sonore ne rentrant pas dans les catégories précédentes (sifflet, cloche, corne de brume) — réservé aux plus petits établissements.

5 Exploitation avancée par le chef d'équipe

Les essais périodiques

Le chef d'équipe supervise (ou réalise lui-même, selon l'organisation de l'établissement) les essais périodiques du SSI prévus par les consignes : test des détecteurs, vérification du bon déclenchement des DAS, essai de l'alarme générale. Ces essais sont consignés dans le registre de sécurité.

Diagnostiquer une anomalie

Face à un défaut signalé par le SSI (voyant de dérangement, alarme qui ne correspond à aucune cause visible), le chef d'équipe doit faire un premier diagnostic : panne technique probable, ou départ de feu réel non encore localisé ? Cette analyse détermine s'il fait lever le doute par une ronde ciblée, ou s'il déclenche directement l'évacuation en cas de doute sérieux.

Le principe reste le même qu'en SSIAP 1 : en cas de doute, on ne prend jamais le risque de sous-réagir. Une alarme injustifiée coûte une évacuation pour rien ; une alarme ignorée à tort peut coûter des vies.

Faire intervenir la maintenance

Le SSI fait l'objet d'un contrat de maintenance obligatoire. Le chef d'équipe est souvent celui qui contacte la société de maintenance en cas de panne, décrit précisément l'anomalie constatée (zone concernée, message affiché sur le tableau de signalisation), et s'assure qu'une solution de repli (rondes renforcées, surveillance humaine de la zone concernée) est mise en place en attendant la réparation.