Chef du PC en situation de crise
Quatrième partie du programme officiel (16 h) et sujet de l'épreuve pratique de l'examen : diriger le poste central de sécurité pendant un sinistre, de la première alarme à la remise en état, en passant par l'accueil et le conseil technique des sapeurs-pompiers.
1 Le PC, centre de commandement
Pendant un sinistre, le poste central de sécurité ne doit jamais rester sans opérateur : c'est là qu'arrivent les informations du SSI, la radio et le téléphone, et c'est de là que le chef d'équipe coordonne ses agents. Le chef d'équipe envoie des agents sur le terrain ; il ne quitte pas lui-même le PC pour aller seul au feu.
- Main courante en temps réel : heure de chaque événement, de chaque décision et de chaque message. Elle sert ensuite au compte rendu, au retour d'expérience et, le cas échéant, à l'enquête.
- Discipline radio : messages courts, émetteur et destinataire identifiés, accusé de réception. Les agents rendent compte, le chef d'équipe coordonne.
- Documents prêts : plans d'intervention, clés et passes, liste des risques particuliers (stockages dangereux, locaux techniques, coupures d'énergie).
2 De l'alarme à la levée de doute
À la réception d'une alarme restreinte, le chef d'équipe envoie un agent (ou un binôme) en reconnaissance, équipé d'une radio et d'un moyen d'extinction, pendant que le PC reste tenu. Si une temporisation de l'alarme générale est prévue, elle ne peut pas dépasser 5 minutes : la levée de doute doit tenir dans ce délai.
- Doute levé, déclenchement intempestif : recherche de la cause, réarmement, consignation à la main courante.
- Feu confirmé : passage en alarme générale selon les consignes, alerte des sapeurs-pompiers, attaque du feu avec les moyens de premier secours si c'est possible sans danger.
- Doute impossible à lever (zone inaccessible, pas de retour de l'agent) : on considère la situation comme un feu.
3 Alerter les secours et mettre en sécurité
Le message d'alerte
Court et factuel : où (adresse exacte, bâtiment, étage, accès à utiliser), quoi (nature du sinistre, ce qui brûle), qui (victimes, personnes menacées, personnes en espace d'attente sécurisé) et ce qui a été fait. On ne raccroche pas le premier.
Dès l'alerte, un agent est désigné pour accueillir les secours à l'entrée du site et les guider jusqu'au PC puis au sinistre.
La mise en sécurité
Le chef d'équipe vérifie sur l'unité de signalisation que les DAS ont bien basculé (portes coupe-feu, clapets, désenfumage, déverrouillage des issues) et fait compléter manuellement ce qui n'a pas fonctionné. La coupure générale des énergies (électricité, gaz) se fait selon les consignes ou à la demande du COS : trop tôt, elle peut gêner l'évacuation (éclairage, ascenseurs, désenfumage mécanique).
4 Diriger l'évacuation
- Guide-file : ouvre la marche vers les dégagements. Serre-file : ferme la marche, vérifie que personne ne reste (sanitaires, bureaux) et referme les portes.
- Ascenseurs : jamais utilisés par le public pendant un incendie.
- Personnes à mobilité réduite : orientées vers les espaces d'attente sécurisés ; leur nombre et leur localisation sont transmis aux secours dès leur arrivée.
- Établissements de soins (U) et d'hébergement de personnes âgées ou handicapées (J) : évacuation différée, en commençant par un transfert horizontal vers un compartiment ou une zone protégée du même niveau.
- Point de rassemblement : le recensement sert d'abord à signaler au COS les personnes manquantes.
Si une victime est signalée, le chef d'équipe fait porter les premiers secours par un agent formé, complète l'alerte et prévoit le guidage des secours jusqu'à elle, sans dégarnir le PC.
5 Accueillir et conseiller le COS
Dès son arrivée, le commandant des opérations de secours (COS) devient le seul décisionnaire. Le chef d'équipe devient son conseiller technique et met l'équipe à sa disposition. En quelques phrases, il lui transmet :
- la localisation du sinistre et ce qui a été fait ;
- l'état de la mise en sécurité (DAS, désenfumage, coupures) ;
- le résultat du recensement et les personnes manquantes ou en attente ;
- les risques particuliers du site et les manœuvres possibles depuis le PC.
Les manœuvres de désenfumage ou de coupure se font ensuite à la demande du COS. La communication vers les médias relève de la direction de l'établissement, pas du chef d'équipe.
6 Après le sinistre
- Surveillance du local sinistré et des volumes voisins pour détecter une reprise de feu ; les lieux sont préservés pour l'enquête.
- Réarmement du SSI seulement après disparition de la cause et avec l'accord du COS.
- Compte rendu rédigé par le chef d'équipe : chronologie, moyens engagés, évacuation, victimes et dégâts.
- Retour d'expérience avec l'équipe pour ajuster consignes et organisation.
7 Situations particulières
Face à un objet suspect ou à une menace signalée : ne jamais toucher ni déplacer l'objet, établir un périmètre de sécurité, alerter les forces de l'ordre. Le chef d'équipe répartit les rôles (qui tient le périmètre, qui informe le public, qui reste en contact avec les forces de l'ordre) au lieu de laisser chaque agent improviser.