📘 Cours SSIAP 3 — Partie 3

Comportement au feu et matériaux de construction — SSIAP 3

Le SSIAP 1 retient « 421 » et « SF, PF, CF ». Le chef de service SSIAP 3 doit aller plus loin : savoir distinguer ce qui relève du matériau (réaction au feu) de ce qui relève de l'ouvrage (résistance au feu), lire un classement européen, vérifier une exigence d'aménagement, et prévoir comment le bois, l'acier, le béton, le verre ou les plastiques se comportent quand la température monte — base du volet « Construction et aménagements » d'une notice de sécurité.

1 Deux critères, un vocabulaire

Les deux critères du comportement au feu

Selon le Code de la construction et de l'habitation (ancien article R.121-2, cité par le cours), le comportement au feu est apprécié d'après deux critères : la réaction au feu et la résistance au feu. Les deux ne se mesurent pas de la même façon et ne concernent pas les mêmes objets.

Réaction au feuRésistance au feu
ConcerneProduits et matériaux de construction ou d'aménagement, vus comme aliment du feuProduits, éléments de construction et ouvrages : dalles, poteaux, cloisons, portes, charpentes
CritèresQuantité de chaleur dégagée ; présence ou absence de gaz inflammablesRésistance mécanique, étanchéité aux flammes et gaz chauds, isolation thermique
S'exprime enUne classe (M0 à M4, Euroclasses)Un degré (SF, PF, CF + durée) ou R, E, I + minutes

Définitions à ne pas mélanger

NotionDéfinition
CombustibilitéPropriété de pouvoir brûler, c'est-à-dire de se consumer par le feu
InflammabilitéPropriété de s'enflammer au contact d'une source de chaleur
IncombustibilitéLe matériau résiste à l'ignition : il ne brûle pas et ne dégage pas de vapeurs inflammables
IninflammabilitéLa décomposition s'effectue sans production de gaz inflammables ni de flammes
IgnifugationOpération qui modifie les caractéristiques d'inflammabilité et de combustibilité d'un matériau

L'ignifugation agit sur la facilité d'inflammation et la vitesse de propagation du feu : elle ne rend pas un matériau incombustible et n'en change pas la nature.

Qui classe ? Pièces justificatives

Le classement est prononcé par un laboratoire agréé par le ministère de l'intérieur. Selon le cours, la liste comprend le CSTB, le LNE, le LCPP, le CRB, l'IFTH et SNPE matériaux énergétiques. Le CECMI (comité d'étude et de classification des matériaux et éléments de construction, cité à l'article AM 2 en cas de désaccord sur les conditions d'essai, où il fixe les conditions d'essais) et la sous-commission de sécurité ne figurent pas dans cette liste.

Selon le cours, cinq justificatifs de comportement au feu existent :

JustificatifOuvrages concernésValidité
Note de calculOuvrages traditionnelsNon limitée
PV de caractérisation de protectionProduits de protection du béton et de l'acier (plâtre, peintures, fibres…)5 ans
PV de classement de résistance au feuMontages non concernés ci-dessus (plaques de plâtre, portes, vitrages, conduits…)5 ans
Extension de classementModifications de montage de portée générale (hauteur, portée, composition)5 ans
Avis de chantierMontage spécifique sans procédure d'essaiChantier visé

Cas particulier des câbles électriques

L'arrêté du 21 juillet 1994 fixe pour les câbles 3 catégories de réaction au feu (C1, C2, C3) et 2 catégories de résistance au feu (CR1, CR2) ; chaque catégorie suppose des exigences normatives et un procès-verbal de classement.

Pièges d'examen. (1) Les distracteurs inversent combustibilité et inflammabilité : « pouvoir brûler » ≠ « pouvoir s'enflammer ». (2) La fumée et la chaleur dégagée relèvent de la réaction au feu ; l'étanchéité et l'isolation relèvent de la résistance au feu. (3) CECMI et sous-commission ne figurent pas parmi les laboratoires agréés. (4) C1-C3 sont la réaction au feu des câbles, CR1-CR2 leur résistance — ne pas écrire « CR1 à CR3 ».

2 Réaction au feu : classes M et Euroclasses

Le classement français M0 à M4

Le classement comporte 5 catégories, M0 à M4, plus la catégorie NC pour les matériaux non classés. Il repose sur deux critères : la combustibilité (quantité de chaleur dégagée) et l'inflammabilité (quantité de gaz plus ou moins inflammables dégagée).

ClasseNatureExemples (selon le cours)
M0Incombustible, ininflammable (pouvoir calorifique ≤ 2,5 MJ/kg)Pierre, plâtre, béton
M1Combustible (pouvoir calorifique > 2,5 MJ/kg), ininflammableMatériaux composites, PVC
M2Combustible, difficilement inflammableMoquette murale
M3Combustible, moyennement inflammableBois
M4Combustible, facilement inflammablePapier, bois de moins de 18 mm

Les Euroclasses (arrêté du 21 novembre 2002 modifié)

La classification européenne s'applique aux produits de construction. Elle compte 7 classes de base, de A1 à F : A1, A2, B, C, D, E, F (F = aucune performance déclarée). Deux indices complémentaires s'y ajoutent :

  • s1, s2, s3 (smoke) : production de fumée, de la plus faible (s1) à la plus forte (s3).
  • d0, d1, d2 (drop) : production de gouttelettes ou particules enflammées, de la plus faible (d0) à la plus forte (d2).

Les revêtements de sol reçoivent une classification distincte, notée avec le suffixe « fl » (floor) : A1fl, A2fl, Bfl, Cfl, Dfl, Efl, Ffl. Seul l'indice de fumée s leur est appliqué, pas d.

Selon le cours, A1 et A2 sont attribuées aux produits très peu combustibles et correspondent plus ou moins à M0 ; les classes B à E sont attribuées aux produits combustibles et correspondent approximativement à M1 à M4. L'arrêté fournit en outre, article par article, les équivalences exploitées en section 3 (par exemple M1 = B-s3,d0 pour un plafond).

M ou Euroclasses : qui s'applique à quoi ?

L'article AM 1 distingue deux classifications. La première, en classes, s'applique aux produits de construction relevant d'une famille couverte par une spécification technique harmonisée (norme NF EN 13501-1). La seconde, en catégories (M), s'applique aux matériaux d'aménagement, de décoration et au gros mobilier (norme NF P 92-507). Les tentures, rideaux, tapisseries et gros mobilier ne relèvent donc pas de la directive « produits de construction » : le classement M reste d'actualité pour eux.

Pour une famille de produits sans spécification harmonisée, la performance peut être établie selon l'une ou l'autre classification.

Pièges d'examen. (1) Dire que le classement M a disparu depuis 2002 : faux, il reste en vigueur pour l'aménagement. (2) Les lettres R, E, I ne sont jamais des indices de réaction au feu. (3) « d » = gouttes, « s » = fumée : ne pas les échanger. (4) M0 est ≤ 2,5 MJ/kg ; au-dessus de ce seuil, le matériau est au mieux M1. (5) Les sols portent « fl », pas « g ».

3 Exigences d'aménagement (arrêté du 25 juin 1980, chapitre AM)

Pour éviter le développement rapide d'un incendie qui compromettrait l'évacuation, les parois intérieures finies, l'agencement, le gros mobilier et la décoration doivent respecter des classes de réaction au feu (AM 1). L'exigence porte sur la paroi finie, face apparente recevant le flux thermique (AM 2).

Les règles « 421 » et « 311 »

ZoneSolMursPlafond
Locaux et dégagements non protégés (règle du 421) : AM 7, AM 4, AM 5M4 (DFL-s2)M2 (C-s3,d0)M1 (B-s3,d0)
Circulations horizontales protégées (4-2-1) : AM 3 § 2M4 (DFL-s2)M2 (C-s3,d0)M1 (B-s2,d0)
Escaliers protégés (règle du 311) : AM 3 § 1M3 (CFL-s1) : marches et paliersM1 (B-s2,d0)M1 (B-s1,d0)

Mnémotechnique : les chiffres se lisent sol – murs – plafond. Plus le dégagement est protégé, plus l'exigence est sévère sur les murs et le plafond.

Numérotation. Certains cours citent encore l'ancienne numérotation (murs en « AM 3 », plafonds en « AM 4 »). Dans l'arrêté en vigueur, les parois verticales des dégagements non protégés et des locaux sont à l'article AM 4 et les plafonds à l'article AM 5.

Plafonds : la tolérance de 25 %

Selon AM 5 § 1, il est admis que 25 % de la superficie totale des plafonds soient en C-s3,d0 (M2) dans les dégagements, ou en D-s3,d0 (M3) dans les locaux.

Exemple chiffré. Local de 120 m² : jusqu'à 120 × 0,25 = 30 m² de plafond peuvent être en M3 ; les 90 m² restants sont au minimum M1. Dégagement de 40 m² : 40 × 0,25 = 10 m² au maximum en M2 (et non en M3, tolérance réservée aux locaux).

Tentures, rideaux, décors, sièges

ÉlémentExigenceArticle
Tentures, rideaux, voilages en travers des dégagementsInterdits ; seules les garnitures de portes pare-flammes (lambrequins, rideaux tendus sur vantaux) sont admises en M2AM 11
Tentures, rideaux, voilages : escaliers encloisonnésM1AM 12 a
Tentures, rideaux, voilages : autres dégagements et locaux de plus de 50 m² au solM2AM 12 b
Rideaux de scènes et d'estradesM1, quelle que soit la surfaceAM 13
Décorations flottantes (panneaux de plus de 0,50 m², guirlandes), locaux de plus de 50 m² et dégagementsM1AM 10 § 1
Revêtements muraux tendusM2AM 9
Rangées de sièges16 sièges au plus entre deux circulations, 8 entre une circulation et une paroiAM 18 § 2

Autres points de l'arrêté : les vélums sont en principe interdits, et s'ils sont autorisés ils sont en M1 avec accrochages suffisants (AM 10 § 2) ; les structures de sièges sont en M3, le bois ou dérivé d'une épaisseur d'au moins 9 mm étant accepté (AM 18 § 1) ; les éléments de décoration en relief sont en M2 dès que leur surface projetée dépasse 20 % de la superficie des parois (AM 9).

Produits d'isolation (AM 8)

Pour les isolants d'épaisseur supérieure à 5 mm (10 mm en sol), deux voies : être classé au moins A2-s2,d0 (parois verticales, plafond, toiture) ou A2FL-s1 (sol) — M0 pouvant l'attester tant que le produit n'est pas marqué CE — ou être protégé par un écran thermique jouant son rôle pendant 1/4 h (parois verticales et sols) ou 1/2 h (autres parois). À défaut, avis favorable de la Commission centrale de sécurité.

Pièges d'examen. (1) Inverser 421 et 311, ou appliquer le 311 aux circulations horizontales protégées : elles suivent le 4-2-1. (2) Appliquer la règle des 50 m² aux rideaux de scènes : ils sont en M1 sans condition de surface. (3) Confondre tentures en travers des dégagements (interdites) et tentures dans les dégagements (M2). (4) Confondre 16 sièges (entre deux circulations) et 8 (contre une paroi).

4 Résistance au feu : SF, PF, CF et R, E, I

Définition et classement

La résistance au feu est le temps pendant lequel les éléments de construction jouent le rôle qui leur est dévolu malgré l'action d'un incendie. Le classement est prononcé par un laboratoire agréé à la suite d'essais au four (ou face au four) conduits suivant une courbe température/temps normalisée. Trois critères sont examinés : résistance mécanique, étanchéité aux flammes et gaz chauds, isolation thermique.

AncienEuropéenCritères satisfaits
SF stable au feuRRésistance mécanique seule
PF pare-flammeRE (E si non porteur)Résistance mécanique + étanchéité aux flammes et gaz chauds
CF coupe-feuREIRésistance mécanique + étanchéité + isolation thermique

Les degrés : 9 paliers

Selon le cours, les degrés vont de 1/4 h à 6 h en 9 degrés : 1/4 h, 1/2 h, 3/4 h, 1 h, 1 h 30, 2 h, 3 h, 4 h, 6 h. Le degré retenu est le palier immédiatement inférieur au temps réel (cours SSIAP 1 : 44 min de résistance mécanique donnent SF 1/2 h).

Exemple chiffré (exercice du cours). Un mur donne aux essais : résistance mécanique 1 h 58, isolation thermique 42 min, étanchéité aux flammes 1 h 25, absence d'émission de gaz 1 h 45.

  • SF : seul le critère mécanique compte, 1 h 58 → palier inférieur SF 1 h 30.
  • PF : mécanique, étanchéité et non-émission de gaz doivent tenir ; le plus faible est 1 h 25 → PF 1 h.
  • CF : l'isolation (42 min) devient limitante → CF 1/2 h (30 min).

Un même mur peut donc être SF 1 h 30, PF 1 h et CF 1/2 h : le degré est celui du critère le plus faible.

La classification européenne (arrêté du 22 mars 2004 modifié)

  • Le temps s'exprime en minutes : 1/2 h devient 30, 1 h devient 60, 2 h devient 120. CF 2 h = REI 120.
  • Trois critères essentiels : R (capacité portante, remplace la stabilité), E (étanchéité au feu), I (isolation thermique, jamais utilisée seule : on a EI ou RI, pas I).
  • Critères complémentaires : W (rayonnement), M (action mécanique), C (fermeture automatique), S (passage des fumées), G (combustion de la suie).
  • Exemples : un mur REI 120 tient 2 h sur les trois critères ; une porte E 30 est une porte pare-flamme de degré 30 minutes ; une cloison EW 60 est étanche avec rayonnement limité pendant 1 h.

Applications dans le règlement de sécurité (CO)

SituationExigenceArticle
Isolement latéral ERP / tiers contiguParoi CF 2 h, portée à 3 h si l'un des bâtiments abrite une exploitation à risques particuliersCO 7 § 1
Façade sans baieSomme des durées CF (intérieur + extérieur) ≥ 30 min si le plancher bas du dernier niveau est à moins de 8 m ; ≥ 60 min si ce plancher est à plus de 8 mCO 22 § 1
Toiture face à un feu extérieurAucune exigence au-delà de 12 m du bâtiment voisin ou de la limite de parcelleCO 17 § 1
Verre en couvertureVerre armé, trempé ou feuilleté, ou grillage à mailles de 30 mm maximum sous verre minceCO 18 § 2
Planchers sur vide sanitaireCF 1/2 h (sauf exceptions)CO 13 § 2

Exemple chiffré (CO 22). Un panneau de façade sans baie obtient 20 min côté intérieur et 15 min côté extérieur : somme = 35 min. C'est suffisant pour un plancher bas du dernier niveau à 6 m (seuil 30 min), insuffisant à 12 m (seuil 60 min).

Exemple chiffré (CO 17 § 2). Couverture en matériaux M1 à M3 non posés sur support continu, établissement de 3e catégorie avec locaux à sommeil : à d = 6 m, classe T 30, indice 1 ; à d = 10 m, T 15, indice 1 ; à d = 14 m, plus aucune exigence.

Coupe-feu de traversée

L'article CO 30 § 2 définit le coupe-feu de traversée d'une gaine ou d'un conduit : temps réel, défini par les essais réglementaires, pendant lequel la gaine traversant la paroi coupe-feu satisfait au critère coupe-feu exigé entre les deux locaux. Selon le cours, il s'obtient en additionnant le temps que met le feu à pénétrer dans la gaine (CFa) et celui qu'il met à en ressortir (CFb) : CFx = CFa + CFb. Exemple : CFa = 25 min et CFb = 35 min donnent CFx = 60 min, valeur exigée pour un conduit de vide-ordures (CO 33 § 1).

Pièges d'examen. (1) SF, PF, CF ne cumulent pas les mêmes critères : SF = mécanique seule, PF + étanchéité, CF + isolation. (2) « E 30 » est pare-flamme, pas coupe-feu (qui serait EI 30). (3) CF 2 h devient REI 120, pas « REI 2 ». (4) Pour CO 7, ne pas reprendre les valeurs de CO 9 (plancher d'isolement entre ERP et tiers superposés : 1 h / 2 h à 8 m ou moins du sol, 2 h / 3 h au-delà). (5) Le procès-verbal de classement est valable 5 ans selon le cours, il n'est pas illimité.

5 Matériaux de construction face au feu

Le bois

Selon le cours, le comportement du bois dépend de ses dimensions, de son essence et de son taux d'humidité. Les bois durs et denses (chêne) s'enflamment plus difficilement que les bois tendres (sapin). Le bois est combustible et inflammable ; il brûle sans se déformer et garde longtemps sa résistance mécanique en forte section.

TempératurePhénomène (vase clos, selon le cours)
Jusqu'à 100 °CDégagement de vapeur d'eau
100 à 275 °CCO2 (70 %), CO, acide pyroligneux ; le bois devient brun
Vers 275 °CInflammation (distillation des gaz) : réaction exothermique, apparition des hydrocarbures
Au-delà de 450 °CHydrogène et hydrocarbures dominent ; résidu de charbon de bois, lui-même combustible

La combustion proprement dite se situe vers 1 000 à 1 300 °C. Le pouvoir calorifique est de 4 000 à 4 500 kcal/kg, soit 16,7 à 18,8 MJ/kg. Vérification : 4 000 × 4,184 = 16 736 kJ ≈ 16,7 MJ ; 4 500 × 4,184 = 18 828 kJ ≈ 18,8 MJ. Ne pas confondre avec le seuil M0/M1 (2,5 MJ/kg).

Classement M du bois massif (selon le cours)

Bois massifÉpaisseurClassement
Résineux≥ 18 mmM3
Résineux< 18 mmM4
Non résineux≥ 14 mmM3
Non résineux< 14 mmM4

Application : un résineux de 20 mm est M3 ; un non résineux de 16 mm est M3 aussi (≥ 14 mm) ; un résineux de 16 mm est M4.

Les bois lamellés-collés sont des pièces pleines collées à chaud, fils parallèles, de grande portée et de très bonne stabilité au feu (gymnases, souvent en résineux). L'article CO 13 § 3 admet les matériaux incombustibles, le lamellé-collé et le bois massif parmi ceux qui permettent, sous conditions (structure visible, détection, sprinkleur ou écran 1/2 h), de ne fixer aucune exigence de stabilité au feu à la structure de toiture. L'ignifugation de surface utilise des phosphates ammoniacaux, des borates ou des silicates ; les traitements fongicides et insecticides n'ont aucun effet ignifuge.

Le métal : fer et acier

Le métal est incombustible mais très conducteur : il s'échauffe vite et perd sa résistance mécanique bien avant de fondre. Sa température critique, au-delà de laquelle la structure ne remplit plus ses fonctions, varie selon le produit entre 400 et 800 °C (le cours cite aussi 400 °C comme valeur de référence).

TempératureEffet sur la résistance du fer
500 °CDiminue de moitié
700 °CRéduite à un tiers
800 °CLe fer plie sous son propre poids

Protections thermiques : enrobage par du béton, du mortier de ciment, du plâtre ou des enduits à base de vermiculite ; flocage ; produits intumescents (peintures, enduits) qui gonflent en « meringue » isolante sous la chaleur ; écrans (plafonds suspendus, cloisons en fibro-ciment ou vermiculite) ; arrosage continu par installation fixe d'extinction automatique à eau. La galvanisation et la peinture antirouille (non citées par le cours parmi les protections thermiques) visent la corrosion, pas la chaleur.

Poteau métallique (selon le cours) : nu, il est non classé ; avec 2 cm de plâtre, SF 1/2 h ; avec 3 cm, SF 1 h ; avec 4 cm, SF 2 h.

Béton, plâtre, matériaux cuits, matériaux minéraux

  • Béton : liant (ciment), agrégats (sable, graviers) et eau. Classé M0, très peu conducteur, excellent pare-flamme et très bon coupe-feu. Au-delà de 300 °C il se dégrade et se décompose : la résistance mécanique diminue très progressivement. Selon les études CIMBETON citées par le cours, après 1 h de feu la température intérieure atteint 500 °C à 1,5 cm de la surface, 350 °C à 3 cm et 100 °C au-delà de 7,5 cm : l'épaisseur d'enrobage des armatures est donc déterminante. Le béton armé associe béton et armatures métalliques ; la tenue de l'ensemble dépend de chacun des éléments.
  • Plâtre : sous l'effet de la chaleur il dégage de la vapeur d'eau qui absorbe des calories ; très mauvais conducteur thermique, excellent protecteur de structures.
  • Matériaux cuits (argile) : résistance à la chaleur d'autant plus grande qu'ils ont été cuits à haute température.
  • Matériaux d'origine minérale : généralement incombustibles, mais les différences de température provoquent fissures ou éclatements.
  • Ouate de verre en flocons : isolant, mais piège qui accumule chaleur et gaz de distillation, avec risque de flash-over.

Le verre

Le verre est M0 mais de faible résistance au feu : très sensible aux variations brusques de température, il se brise ; en toiture, ses éléments tombent à la verticale et menacent les occupants (c'est pourquoi les verres minces ne sont pas utilisables en couverture sans précaution). Selon le cours, il se déforme dès 700-800 °C, perd ses caractéristiques vers 900-950 °C et fond à 1 400 °C en prenant d'abord un aspect pâteux. On peut améliorer sa tenue par arrosage (drencheurs) ou employer des panneaux de verre coupe-feu.

VerreParticularité
ArméVerre laminé associé à un grillage métallique qui retient les fragments
TrempéÉchauffement puis refroidissement rapide : grande résistance aux chocs
FeuilletéDeux verres ou plus retenus par des feuilles intermédiaires

Les matières plastiques

  • Deux familles : les thermoplastiques (plasticité qui augmente avec la température : ils se ramollissent) et les thermodurcissables (plasticité qui diminue).
  • Atouts : mise en œuvre facile, légèreté, résistance à la corrosion, bon pouvoir isolant (le polystyrène expansé isole environ 100 fois mieux que la pierre, selon le cours). Revers : très combustibles, déformation à la chaleur.
  • Gaz de combustion : CO, CO2, acide chlorhydrique (HCl), gaz cyanhydriques (HCN), oxydes d'azote, propénaldéhyde, formaldéhyde.
  • L'azote (N2) ne figure pas dans la liste des gaz du cours ; l'oxygène est un comburant, non un produit de combustion.
PlastiqueInflammabilitéSigne distinctif
PolystyrèneTrès inflammableFumée noire épaisse, gouttes enflammées, odeur de fleur de soucis
PVC rigidePeu inflammable (s'éteint seul)Odeur acide et piquante, résidus charbonneux
PVC soupleMoyennement inflammableOdeur acide et piquante
PolyamidesPeu inflammableOdeur de corne brûlée, fumée blanche
CellulosiquesMoyennement inflammableOdeur de vinaigre

Les plastiques peuvent être améliorés par des ignifugeants, ou par des peintures, vernis et enduits ignifugés et intumescents.

Pièges d'examen. (1) Seuils du bois : 18 mm pour les résineux, 14 mm pour les non résineux. (2) Le métal ne tient pas jusqu'à sa fusion : il cède entre 400 et 800 °C. (3) Galvanisation et antirouille ne figurent pas parmi les protections thermiques du cours. (4) Verre armé (grillage) ≠ trempé (traitement thermique) ≠ feuilleté (feuilles intermédiaires). (5) Le pouvoir calorifique du bois s'exprime en MJ/kg : 4,0-4,5 est la valeur en Mcal, non en MJ. (6) Un thermoplastique se ramollit, il ne durcit pas. (7) Au-delà de 450 °C, le bois dégage surtout de l'hydrogène et des hydrocarbures, non plus du CO2 ni de l'acide pyroligneux.

6 Éléments de structure et notions IGH

Vocabulaire de la construction

ÉlémentDéfinition
FondationsOuvrages en béton sous les murs et poteaux ; transmettent au terrain les charges permanentes, les charges d'exploitation et les surcharges climatiques (vent, neige)
StructureEnsemble des éléments assurant la stabilité de l'ouvrage (CO 11 § 1)
Élément principal / secondairePrincipal si sa ruine a une incidence sur la stabilité du reste de la structure ; secondaire dans le cas contraire (CO 11 § 1)
Murs de façade / de refendFaçade : à la périphérie de l'ouvrage. Refend : murs intérieurs formant appui intermédiaire des planchers
CloisonsDistribution intérieure : carreaux ou plaques de plâtre, panneaux de bois agglomérés, briques, béton cellulaire, parpaings
PlancherÉlément porteur horizontal séparant deux niveaux, prenant appui sur des murs ou des poutres

Selon CO 11 § 2, la structure doit préserver la stabilité de l'édifice et s'opposer à une propagation rapide du feu pendant le temps nécessaire à l'alarme et à l'évacuation. Selon CO 12 § 2, un ERP ne peut s'installer dans un bâtiment à occupations multiples que si les éléments principaux de structure situés sous le plancher d'isolement ont une stabilité au feu au moins égale au degré CF de ce plancher. Selon CO 13 § 1, un élément principal traversant un local à risques particuliers doit avoir, sur la hauteur de ce local, une stabilité au feu égale au degré CF du plancher d'isolement supporté.

Les murs de refend sont des murs intérieurs porteurs ; les cloisons de distribution sont, elles, de simples séparations de locaux. Ne pas confondre non plus fondations (sous les murs) et dallage (sur terre-plein).

Les principes de sécurité : ERP et IGH

Selon le cours (articles de l'ancienne numérotation R.123-4 à R.123-11 et R.122-9 du CCH), les ERP reposent sur l'évacuation rapide et en bon ordre du public, la limitation de la propagation du feu et l'accessibilité et la mise en œuvre des moyens de secours. Les principes propres aux IGH sont, selon le cours :

  1. Compartiments coupe-feu de degré 2 h ;
  2. Limitation des matériaux combustibles ;
  3. Évacuation par 2 escaliers au moins ;
  4. Source électrique autonome ;
  5. Système d'alarme efficace et moyens d'extinction ;
  6. Non-stop des ascenseurs ;
  7. Évacuation des fumées directement sur l'extérieur ;
  8. Sas étanches et désenfumables entre chaque compartiment ;
  9. Volume de protection d'au moins 8 m.

Le volume de protection, le non-stop des ascenseurs et les sas ne relèvent pas des ERP.

Compartiments d'un IGH (selon le cours)

Dans un IGH, on ne peut pas évacuer rapidement une population importante : le principe retenu est de maintenir le feu à l'intérieur d'un local pendant 2 h au minimum, par la division en compartiments étanches.

CaractéristiqueValeur
Hauteur du compartiment1 niveau (2 niveaux si la surface totale ≤ 2 500 m² ; 3 niveaux pour 2 500 m² si l'un est accessible aux engins)
Longueur maximale75 m
Surface maximale2 500 m² (mesurée hors œuvre, balcons exclus)
Parois, sas, portes d'accès aux escaliers, ascenseurs et monte-chargeCF 2 h

Exemple chiffré. Un compartiment de 75 m × 30 m = 2 250 m² respecte les deux limites. Un compartiment de 75 m × 35 m = 2 625 m² dépasse 2 500 m² et doit être recoupé, bien que sa longueur soit conforme. La largeur moyenne maximale d'un compartiment de 75 m de long est 2 500 ÷ 75 ≈ 33 m.

Selon le cours, la stabilité au feu des éléments de structure d'un IGH (poteaux, poutres, planchers) doit être de 2 h au moins (GH 9).

Isolement du voisinage : GH 7 (extrait du cours)

  • GH 7 § 1 : un IGH doit être isolé des constructions voisines par un mur ou une façade verticale CF 2 h au moins sur toute sa hauteur, ou par un volume de protection.
  • GH 7 § 2 : la limite latérale du volume de protection est une surface verticale située à 8 m au moins de tout point des façades qui ne sont pas CF 2 h ; la limite inférieure est le sol ou des constructions CF 2 h.
  • GH 7 § 3 : l'IGH ne peut être construit si ce volume empiète sur les fonds voisins, sauf servitude conventionnelle par acte authentique (GH 8).

Selon GH 8 (cours), le volume de protection doit être dégagé de tout élément combustible (végétation exclue) ; une construction tierce qui s'y trouve doit notamment avoir son plancher bas de l'étage le plus élevé à moins de 8 m du sol, des structures indépendantes de l'IGH et stables au feu 2 h au moins, et des murs extérieurs, couvertures et façades PF 2 h au moins.

Pièges d'examen. (1) Les 8 m du volume de protection d'un IGH (GH 7) ne sont ni les 12 m de la protection des toitures d'ERP (CO 17), ni le seuil de 8 m de hauteur du plancher bas utilisé par CO 9 et CO 22. (2) Compartiment IGH : parois 2 h, pas 1 h (1 h correspond à d'autres parois comme les circulations horizontales communes) ni 4 h (cas particuliers). (3) Longueur 75 m et surface 2 500 m² : les deux limites s'appliquent. (4) Les sas étanches, le non-stop ascenseur et le volume de protection sont des principes IGH, pas ERP. (5) Un seul escalier encloisonné par compartiment est contraire au principe : il en faut 2 au moins.