📘 Cours SSIAP 1 — Partie 4

Rôles et missions des agents de sécurité incendie

Le service de sécurité, les consignes et la main courante, le poste central, les rondes, l'appel des secours et la sensibilisation des occupants.

1 Le service de sécurité incendie

Les missions, l'emploi et la qualification du personnel permanent des services de sécurité incendie des ERP et des IGH sont définis par l'arrêté du 2 mai 2005 modifié.

L'agent (SSIAP1)

Le diplôme d'agent du service de sécurité incendie sanctionne l'acquisition des savoir-faire pour assurer :

  • La prévention des incendies
  • La sensibilisation des employés en matière de sécurité incendie et d'assistance à personnes
  • L'entretien élémentaire des moyens concourant à la sécurité incendie
  • L'alerte et l'accueil des secours
  • L'évacuation du public
  • L'intervention précoce face aux incendies
  • L'assistance aux personnes au sein de l'établissement
  • L'exploitation du PC de sécurité incendie
Conditions d'exercice — la prise de fonction effective d'un agent SSIAP1 dans un nouvel établissement doit être précédée de deux périodes de travail en présence du public, en doublure d'un agent en poste, représentatives des différents cycles quotidiens de travail. Les effets portés au niveau du buste doivent permettre une différenciation avec les secours publics — le bleu marine est interdit.

Maintien des acquis : mise à niveau si non-activité supérieure à 3 ans, recyclage triennal obligatoire pendant l'emploi, recyclage biannuel du secourisme (annuel pour le 1er recyclage).

Le chef d'équipe (SSIAP2)

Le diplôme de chef d'équipe sanctionne l'acquisition des savoir-faire pour assurer :

  • Le respect de l'hygiène et de la sécurité du travail en matière de sécurité incendie
  • Le management de l'équipe de sécurité
  • La formation du personnel en matière de sécurité contre l'incendie
  • La prévision technique encadrée par les règlements de sécurité (lecture/manipulation des tableaux de signalisation, délivrance des permis feu...)
  • L'entretien élémentaire des moyens concourant à la sécurité incendie
  • L'assistance à personnes au sein de l'établissement
  • La direction du poste de sécurité lors des sinistres

Mêmes conditions de prise de fonction (3 périodes de doublure) et de maintien des acquis que pour le SSIAP1.

Composition du service de sécurité incendie

Le service doit être assuré, selon le type, la catégorie et les caractéristiques de l'établissement, soit par des personnes désignées par le chef d'établissement et entraînées, soit par des agents de sécurité incendie, soit par des sapeurs-pompiers d'un service public.

Lorsqu'il est assuré par des agents de sécurité incendie, l'effectif minimum est de 1 chef d'équipe et 2 agents (le chef d'équipe et un des agents ne devant pas être distraits de leurs missions spécifiques). Les autres agents peuvent être employés à des tâches de maintenance technique, en liaison permanente avec le poste de sécurité.

Un service de sécurité incendie est présent obligatoirement dans les ERP de type U, L, M et T de 1ère catégorie, et les ERP de type U de 2ème catégorie.

2 Présentation des consignes de sécurité et main courante

Conformément à l'article R.123-51 du CCH, les consignes générales et particulières établies en cas d'incendie doivent figurer dans le registre de sécurité et être affichées sur des supports fixes et inaltérables, constamment mises à jour.

Les deux types de consignes

  • Consignes générales — modalités d'appel des sapeurs-pompiers, dispositions pour la sécurité du public et du personnel, mise en œuvre des moyens de secours, accueil et guidage des sapeurs-pompiers.
  • Consignes particulières — concernent le service de sécurité, certains services (standard) et le personnel de locaux spécifiques (chaufferie, cuisines...) pour des mesures spécifiques (coupures d'urgence).

La main courante

Document officiel relatant la vie de l'établissement, à ne pas montrer à des personnes étrangères au service. Tous les événements et interventions y sont notés clairement (heure, lieu, personnes impliquées, issue, fiche établie). À la relève, les agents prennent connaissance des derniers événements.

Informations renseignées : prises/fins de service, état du poste de garde, prise en compte du matériel et consignes particulières. Inscriptions impératives : incidents et anomalies, interventions de sûreté, déclenchements d'alarme et appels des secours, mouvements des ADS sur le site, passages/contrôles (direction, commission de sécurité...).

Visée chaque jour par le chef de service ou son représentant. Rédaction : écriture lisible sans ratures ni commentaires personnels, pas de correcteur (rayer proprement en cas d'erreur) — ce document peut être produit devant un tribunal.

3 Poste central de sécurité

Le poste de sécurité est mis à disposition exclusive du personnel de sécurité incendie, occupé en permanence par une personne au moins. Il doit être facile d'accès, placé au niveau d'arrivée des secours extérieurs, relié au centre de secours par un moyen de transmission rapide et sûr. Il reçoit les alarmes restreintes (poste téléphonique, avertisseurs manuels, détection/extinction automatique) et regroupe les commandes manuelles d'alarme et de désenfumage mécanique. Le PCS et ses accès doivent être protégés contre l'incendie ; un représentant de la direction doit se trouver dans l'établissement pendant la présence du public.

Matériel du poste de sécurité

  • Le système de sécurité incendie (SSI)
  • La ligne directe d'appel des secours (téléphone rouge)
  • Les appareils de transmission
  • Le petit matériel de rechange (ampoule BAES, glace de BBG...)
  • Trousse de premier secours
  • Divers matériels (lampe, ARI, gants...)

Certains sites disposent en supplément d'une Unité d'Aide à l'Exploitation (UAE) — outil informatique pour localiser et gérer les équipements techniques (ascenseurs, anti-intrusion, chambres froides, contrôle d'accès, éclairage, détection incendie). L'agent doit suivre une formation pratique pour le maîtriser. Divers reports d'alarme sont aussi exploités au PCS (sprinklers, défaut d'alimentation de secours, niveau de carburant des groupes électrogènes).

Documents présents au poste de sécurité

La main courante, les registres de contrôle, et le registre de sécurité (imposé par l'article R.123-51 du CCH), qui reporte : l'état du personnel du service de sécurité, les consignes générales et particulières, les dates des contrôles/vérifications et leurs observations, les dates de travaux d'aménagement (nature, entrepreneurs, architecte). Tous les documents relatifs à la sécurité y sont annexés ; il est tenu à la disposition de la Commission de Sécurité.

Prise de poste

L'agent prenant le poste reçoit les consignes particulières de l'agent sortant, remplit la main courante (heure d'arrivée/de départ), puis fait un « check-up » du matériel du PCS : moyens de communication, appareils informatiques/techniques, présence des clés et badges. Toute anomalie est consignée et, selon le cas, signalée immédiatement. L'agent prend aussi connaissance des différents registres (clés, appels téléphoniques, techniques...) et, selon le site, de la disponibilité et de la position du personnel de l'équipe locale de sécurité.

Gestion des clés

Un vrai enjeu sur les sites à risques (perte, prêt non autorisé, clés cassées). Il existe des systèmes de gestion électronique de clés (autonomes ou en réseau, jusqu'à 120 clés par armoire, extensibles à plusieurs milliers), ou plus simplement un tableau de clés + registre papier signé à chaque prise/remise. Objectifs d'un système de gestion : contrôler tous les mouvements avec identification, supprimer la mise à jour manuscrite, éditer des rapports, anticiper les extensions, savoir en permanence qui détient quoi, distribuer uniquement aux personnes autorisées, permettre des recherches rapides, superviser plusieurs sites depuis un seul poste.

4 Rondes de sécurité et surveillance des travaux

Les rondes préviennent et détectent les risques d'incendie, y compris dans les locaux inoccupés. L'agent doit parfaitement connaître son site (locaux à risque, arrêts d'urgence, organes de coupure) pour réagir efficacement : début d'incendie, inondation, fuite de gaz, déclenchement intempestif, assistance à personne...

Les rondes s'effectuent avant (accès aux issues, SSI fonctionnel, équipe complète, moyens d'extinction disponibles), pendant (respect des consignes d'incendie, d'hygiène, de sécurité du travail) et après la présence du public (prévenir tout développement d'incendie en dehors de la présence de personnel). La fréquence et l'itinéraire, fixés par le responsable, tiennent compte des vérifications journalières, de la surveillance des locaux à risques et du contrôle du respect des consignes.

Matériel de ronde

Émetteur-récepteur, gants de protection incendie, clé tricoises, lampe/carnet/stylo, gants de secourisme, outil individuel, pointeau (si existant). L'agent tient à jour les registres attestant ses contrôles (poste sprinkler, BAES, drop zone...) et garde une liaison régulière avec le PCS.

Contrôle des rondes — sous la responsabilité du chef d'équipe ; certains sites utilisent un contrôle électronique (logiciel retraçant les horaires de passage, pointeau passé devant des témoins fixes). Chaque départ/retour de ronde et tout incident sont reportés sur la main courante.

Moyens de communication

Les agents doivent connaître le fonctionnement des moyens de transmission, les fréquences et la procédure radio. Compte rendu clair et précis : « Je suis — localisation — », « Je vois — description —», « Je fais — mesure prise — », « Je demande — renfort, alerte — ». Contrôle radio au départ en ronde (« PC pour X, contrôle radio, parlez »). En cas de levée de doute incendie, silence radio exigé pour libérer le réseau. Les transmissions radio sont réservées aux nécessités professionnelles.

Le permis feu

Document de sécurité établi avant toute opération de maintenance qualifiée de « travail par point chaud » : soudage à l'arc (plus de 4000°C), soudage au chalumeau, oxycoupage, dégivrage au chalumeau, soudage de bitume, découpe/meulage. Les travaux dangereux ou gênant l'évacuation sont interdits en présence du public. Il se présente sous forme d'une liste de tâches à contrôler avant/pendant/après, en 3 exemplaires (donneur d'ordre, entreprise, agent de sécurité). Sa validité tient tant qu'aucun élément (lieu, nature, intervenants) n'a changé.

Avant les travaux : vérifier les appareils, protéger/éloigner les matériaux combustibles, dégazer un volume creux, aveugler les ouvertures, dégager le parcours des conduites, disposer un extincteur CO₂ 2 kg et un extincteur eau pulvérisée 9 L, désigner un auxiliaire, rédiger le permis feu. Pendant : surveiller les projections. Après : inspecter les lieux et les environs, surveillance rigoureuse pendant 2 heures minimum.

5 Mise en œuvre des moyens d'extinction

  1. Choisir l'agent extincteur adapté au feu.
  2. Retirer la goupille et percuter si nécessaire.
  3. Effectuer un bref essai dans une direction non dangereuse.
  4. Approcher le foyer du côté opposé au mouvement des fumées, en se baissant.
  5. Attaquer le feu à la base des flammes, à la distance préconisée pour l'agent utilisé.
  6. Se méfier des possibilités de reprise de feu.
  7. Coucher les appareils vides pour ne pas les confondre avec les pleins.
  8. Après extinction, surveiller la zone et ses abords (risque de propagation par conduction).

Précautions

  • Couper le courant avant d'intervenir sur un feu comportant des risques électriques, si possible.
  • Ne pas éteindre un feu de gaz si l'alimentation peut être coupée d'abord.
  • Ne pas intervenir sans avoir effectué un compte rendu immédiat au poste de sécurité.
  • Utiliser les équipements de protection individuelle (gants, ARI si présent).

Voir les distances d'attaque par agent extincteur en Partie 2, séquence 8.

6 Appels et réceptions des services publics de secours

L'alerte est l'action de demander l'intervention des secours (vers l'extérieur) — à ne pas confondre avec l'alarme, qui prévient les occupants (à l'intérieur). L'alerte doit pouvoir être donnée immédiatement : ligne dédiée au centre de traitement des sapeurs-pompiers, avertisseur privé, téléphone urbain, avertisseur public, ou tout autre dispositif.

Ces appareils doivent être signalés efficacement : affichage de leur emplacement, numéros affichés de façon apparente et permanente près des appareils. La ligne directe doit être à poste fixe, aboutir à un centre de réception, permettre une liaison en une seule manœuvre (décrocher, bouton-poussoir), l'identification automatique de l'établissement, la liaison phonique, et des essais périodiques.

Lors d'un appel vers un centre de secours

  • Ne jamais raccrocher en premier.
  • Donner son nom, sa fonction, l'adresse du site.
  • Exposer clairement les raisons de l'appel (feu, accident, blessure...).
  • Donner un premier état des personnes blessées et des dégâts.
  • Situer la position de la personne chargée d'accueillir les sapeurs-pompiers.

Si une voie engin est inaccessible en urgence, diriger les secours vers une autre voie ou employer des mesures de dégagement rapides. Un agent doit être désigné pour accueillir les secours à l'entrée et les guider vers le PCS et le lieu du sinistre. Le plan d'intervention est immédiatement mis à disposition du Commandant des Opérations de Secours (COS), qui devient l'unique décisionnaire dès son arrivée. Un compte rendu des mesures prises, moyens engagés et évolution du sinistre (généralement la tâche du chef d'équipe) est essentiel. La connaissance des lieux par les agents facilite l'action des sapeurs-pompiers.

7 Sensibilisation des occupants

L'information et la formation des occupants sur les mesures de sécurité à prendre appartiennent au service de sécurité incendie. Le code du travail fixe les responsabilités du chef d'établissement quant à la formation du personnel (utilisation des moyens d'extinction, secourisme — SST, EPI, ESI). L'arrêté du 25 juin 1980 modifié impose des exercices d'instruction du personnel sous la responsabilité de l'exploitant.

Quand un service de sécurité incendie existe, l'exploitant lui délègue généralement la charge de former et d'informer le personnel — au quotidien aussi, par exemple lorsqu'un agent constate une porte coupe-feu calée en position ouverte ou des cartons entassés devant une issue de secours. La sensibilisation à la sécurité incendie concerne tout le monde, c'est un risque récurrent.